Estevelles
La mémoire de la commune
Estevelles [ɛstəvɛl] est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais en région Hauts-de-France. Ses habitants sont appelés les Estevellois. La commune est membre de la communauté d'agglomération de Lens-Liévin. La commune d'Estevelles, située au sud-est du département du Pas-de-Calais à 7 km au nord-est de la commune de Lens, est une ancienne commune du bassin minier.
Au fil de l’histoire
Pour l’histoire, il faut ajouter que d’après certains plans de Carvin, la limite entre Estevelles et Carvin aurait été quelque peu déplacée au cours des siècles au profit d’Estevelles. Amputation de 40 à 80 mètres entre le chemin d’Epinoy et le chemin des postes. La superficie d’Estevelles est donc aujourd’hui de 245 ha 27 a et 64 ca.
Les traces les plus anciennes de vie ont prouvé l’existence d’habitants vers l’an 2000 av. J.-C. Pour cela nous faisons état d’un passage du livre de Henri Couvreur (Carvin en Carembault) fascicule no 1, qui raconte à sa manière des faits ayant dû se passer à Estevelles.
Nous voici donc parvenus en l’an 2000 av. J.-C. Prenons rang dans un de ces groupes, qui venus des quatre coins du Carembault, convergent en un même point situé sur les pentes des monts d’Estevelles. On y procède à l’inhumation d’un valeureux guerrier. Le druide en grande pompe préside la cérémonie. Déjà le cadavre du chef a été couché dans la tombe. Cérémonieusement on a déposé près de lui son couteau de silex et sa précieuse hache d’obsidienne. Le druide prononce l’éloge du défunt en évoquant très longuement « ce Monde de l’au-delà » où le héros jouira d’une vie pleinement heureuse où tous ses désirs seront satisfaits pour toujours. C’est pourquoi ajoute-t-il, sa femme et ses enfants ont voulu l’accompagner. L’épouse, en effet, s’est déjà immolée. On couche son corps à côté de l’époux. Puis au milieu des chants et de l’exaltation grandissante, chacun des enfants vient se livrer au bourreau… L’un après l’autre on leur tranchera la tête. Le druide les recueille une à une et les dépose religieusement dans une petite fosse toute proche. Pendant ce temps ses acolytes les recouvrent de terre tout en les parsemant de nombreux escargots. Ces escargots, symboles de résurrection, image de cette vie paradisiaque au sein de laquelle toute la famille réunie continuera à régner.
Cette histoire, si elle n’est pas authentique, est pourtant l’interprétation la plus vraisemblable de la découverte faite en 1945 dans les carrières de la cimenterie Gambier, aujourd’hui « Vicat » de Pont-à-Vendin, de la tombe ci-dessus décrite, et de la fosse adjacente où étaient rassemblés quatre ou cinq crânes dont au moins deux appartenaient à des enfants ; d’après les estimations des historiens ces « ossements » dateraient d’au moins 2 000 ans av. J.-C.
Les « érudits » eux-mêmes ne sont pas « fixes » sur ces origines. Toutefois, il est admis que sur le sol de la Gaule, existait une race dominante : les Celtes ou Galls. Une nouvelle tribu vint s’y ajouter, celle des Kymris mêlée des Belges. Cette nouvelle race mélangée à celle des Celtes fonda le canton des Atrebates qui avait comme capitale Némécatum aujourd’hui Arras. Notre village, Estevelles, faisait partie de l’Atrebatie. Il dépendait ainsi du pays de l’Escrebieux entre Lens et Douai.
En l’an 112, avant notre ère, les Cimbres et les Teutons descendirent de la Baltique pour envahir la Gaule. Mais Jules César empereur des Romains vint de la Méditerranée, et voulut empêcher que la Gaule devienne germaine. Il se porta donc à leur rencontre en les mettant en pièces sur le Rhin en 58 av. J.-C. Mais par la suite, les Gaulois se révoltèrent contre César qui les dispersa à Pont-de-Sambre en l’an 55 av. J.-C. Enfin, en 52 av. J.-C., les tribus du Nord s’unirent dans un vaste mouvement de coalition, à la voix de l’un des personnages les plus extraordinaires de ce temps du nom de « Com » ou « Commius ». Il était l’un des principaux commandants de Vercingétorix, ennemi des Romains et chef de la résistance. Plus tard, après la conquête romaine, César admirant sa bravoure, chercha à gagner sa confiance en le nommant roi de notre Atrebatie. Mais au fil des années, César se brouilla avec Commius. Ce dernier essaya une dernière tentative d’insurrection mais il échoua et dut se réfugier en Angleterre.
À l’histoire du Pont Maudit, on peut aussi associer celle de la première diligence. Car on y installa en 1791 le premier relais de postes. Le service était assuré par l’unique voiture de Robespierre de Harnes. Celle-ci faisait simultanément voyageurs et marchandises. Il fallait deux jours pour accomplir le voyage de Lens jusqu’à Paris. Les habitants d’Estevelles, Harnes et Pont-à-Vendin devaient se rendre au Pont Maudit pour y attendre la correspondance. Il est bien vrai qu’à cette époque les gens n’avaient pas peur de la marche.
Les origines du nom
Le nom de la localité est attesté sous les formes Steflas XIe siècle ; Stevles, Steveles et Esteviles en 1203 ; Estevenes en 1264 ; Estevles au XIIIe siècle ; Estevelles en 1793 et depuis 1801.
Estevelles connaissait également une forme alternative Estèves et jusque dans les années 1980, les habitants âgés l’appelaient encore « Etef », par évolution phonétique régulière de cette forme.
Selon Maurits Gysseling, il s'agit d'une formation toponymique médiévale de type germano-roman, au pluriel, Steflas, Stevles « étables », terme emprunté au latin vulgaire *stabula (latin stabulum) et qui a donné le français étable (anciennement estable). Albert Dauzat a proposé sans grande conviction pour ce toponyme un *Æstivalis (villa) « lieu d'estivage » auquel il adjoint Esteville (Seine-Maritime) pour lequel il ne connaît aucune forme ancienne, alors qu'elles s'opposent à cette explication.
Un patrimoine à découvrir
Depuis le 30 juin 2012, la valeur universelle et historique du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais est reconnue et inscrite sur la liste du patrimoine mondial l’UNESCO. Parmi les 353 sites, répartis sur 109 lieux inclus dans le périmètre du bassin minier, le site no 51 d'Estevelles est formé par la cité pavillonnaire de la fosse no 24, et le terril no 98, 24 Nord de Courrières.
L'église Notre-Dame-de-la-Paix reconstruite après 1918.
Le monument aux morts.
Des vies liées à la commune
Indra Lal Roy (1898-1918), as de l'aviation indienne mort le 22 juillet 1918 au-dessus du village, et enterré au cimetière communal d'Estevelles (nl).
Le paysage et le village
Localisée dans le sud-est du département du Pas-de-Calais, Estevelles, commune de l'ancien bassin minier, au bord de la Deûle, se situe, à vol d'oiseau, à 7 km au nord-est de la commune de Lens (chef-lieu d'arrondissement) et fait partie de l'aire d'attraction de Lille.
Le territoire de la commune est limitrophe de ceux de quatre communes. Les communes limitrophes sont .
La superficie de la commune est de 2,54 km2 ; son altitude varie de 21 à 46 m.
Le territoire de la commune est situé dans le bassin Artois-Picardie.
La commune s'inscrit dans les « paysages miniers » tels qu'ils sont définis dans l'atlas de paysages de la région Nord-Pas-de-Calais, conçu par la direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL).


